Lorsque le corps dit « stop »


L’épuisement professionnel est facilement assimilé à un épuisement psychique. Ses manifestations les plus connues sont la démotivation, la baisse de la concentration, les troubles de la mémoire, l’apparition d’un cynisme inhabituel face à l’environnement conduisant au détachement et la perte de l’efficacité. Or, sous l’effet de l’accumulation des hormones du stress, c’est tout votre être qui s’épuise. Les troubles du sommeil, les douleurs musculaires, les maux de têtes, la fatigue chronique et la baisse de l’immunité sont également des manifestations de burnout. Evidemment, il est inutile de parler de burnout au premier rhume de l’hiver. Cependant, les manifestations physiques de l’épuisement sont d’autant plus difficiles à cerner qu’elles ne sont pas spécifiques au processus d’épuisement. Vous pouvez très bien attraper la grippe sans être épuisé ! C’est la raison pour laquelle il est difficile de reconnaître un syndrome d’épuisement dans sa dimension physique uniquement.

Chez certaines personnes, les manifestations psychiques de ce processus passent presque inaperçues. Si l’environnement de travail est constamment stressant, l’irritabilité d’un collaborateur n’étonnera pas ces collègues. Les premières manifestations physiques seront minimisées ou considérées comme normales. Dans ce cas, personne ne prendra la mesure du danger encouru jusqu’au moment où le corps dira « STOP ».

Voici deux exemples de situations vécues tirées de ma pratique dans lesquelles le corps a dit stop de manière plus ou moins brutale. Je précise que dans les deux cas, ces situations résultent d’un processus d’épuisement professionnel :
Monsieur P., 45 ans travaille dans une PME en plein développement à un poste de cadre. Il adore son travail au point de ne pas compter ses heures. Il se sent utile et ses compétences sont pleinement utilisées afin de permettre à la société de se développer. Habitué depuis toujours à s’investir à 200% dans son activité professionnelle, il ne se connaît pas de limites. Dire « Non » ne fait pas partie de son vocabulaire. « Qui veut, peut ! » pourrait être sa devise personnelle. Son entourage familial s’inquiète cependant de voir qu’il passe de plus en plus de temps au travail au point s’y sacrifier toute vie privée. Attitude normale selon lui, les temps sont durs et le travail passe avant tout. Ses collègues aussi s’inquiètent. Ils plaisantent en lui disant qu’ils vont installer un lit de camps dans son bureau ce qui lui permettra d’économiser les temps de trajet ! Et puis un matin comme les autres, il perd connaissance au travail. Les collègues affolés appellent l’ambulance. Le diagnostic tombe : hémorragie cérébrale… Heureusement, après une longue réadaptation M. P. a récupéré la plupart de ses facultés mais les médecins lui ont fait comprendre que son rythme de vie était une des causes de son accident. En tant que coach, j’accompagne ce Monsieur lors de son retour au travail. Avec le recul, il s’aperçoit qu’il a manifesté la plupart des signes avant-coureurs d’un processus de burnout mais qu’ils les a tellement minimisés qu’il a poussé son corps hors de ses limites. Aujourd’hui, il doit réapprendre à travailler en apprenant à connaitre et à respecter ses limites et ses ressources.


Madame P., 41 ans, a mal au dos.  Elle a été opérée d’une hernie discale voilà bientôt un an et ne va pas mieux. Elle ne supporte plus de rester assise des heures devant son ordinateur. Travaillant dans une société de services, elle avait l’habitude d’être confrontée à la pression des résultats. Cependant, avec les années, ses relations avec ses supérieurs sont devenues très mauvaises. Elle considère que la pression mise sur les collaborateurs est inacceptable. Elle ne se reconnaît plus dans les objectifs de l’entreprise. Les valeurs morales de son environnement professionnel sont trop éloignées de ses valeurs personnelles. Son engagement a perdu son sens. Dès lors, elle ressent ses heures de travail comme une usure qui progressivement l’amène dans un état de fatigue et de démotivation avancé. L’apparition de ses maux de dos entraîne une accélération de son processus de burnout. Elle ne sort plus avec ses amis et ne pratique plus de sport. Ce qu’elle faisait volontiers auparavant. Elle se sent prise au piège. Finalement, il ne lui reste que la souffrance… Changer de travail a été la décision qui, selon elle, lui a sauvé la vie…

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