Mon collègue est en burnout.


"Au fil des mois, je l’ai vu changer. Je l’ai compris, j’ai compati, j’ai essayé de le soutenir. D’un autre côté, je l’ai subi aussi. J’ai été la cible de sa colère parfois. J’ai souffert de son attitude cynique, de son manque d’empathie. J’ai cessé de me préoccuper de lui car j’ai dû me protéger de sa vision négative et de ses reproches.

Aujourd’hui, il est absent. En arrêt depuis déjà 15 jours et sans idée de quand il reviendra, je suis à la fois soulagée et en colère. J’ai un peu honte aussi, je devrais sûrement compatir plus. Officiellement, il n’a pas donné de diagnostic pour expliquer son absence mais on sait bien dans l’équipe qu’il est en burnout ! Je sais, ça doit être terrifiant de se retrouver impuissant, vidé comme ça, sans l’avoir vu venir. Mais finalement, j’en paye également les conséquences de son burnout. J’ai passé des mois dans une ambiance pourrie et maintenant j’accumule le travail pour pallier à son absence. On nous a prévenus que lorsqu’il reviendra, il faudra le ménager. Et moi ? Qui va me ménager ? Qui même va me remercier pour tout ce que j’assume pour deux ? Bien évidemment, personne…"

Ce discours représente une réalité vécue par de nombreux professionnels. En effet, un burnout n’est pas dénué de conséquences pour l’entourage professionnel de la victime. Chaque étape du processus crée ses propres perturbations. La phase d’émergence du stress chronique, l’apparition des premières manifestations d’épuisement, la détérioration de l’état de l’individu, son absence au travail et enfin son retour au sein de l’équipe sont des épreuves qui impactent l’ensemble des collègues de la victime.

De même, l’ensemble de l’environnement professionnel joue, ou a joué, un rôle dans l’avènement de ce processus de burnout. Evidemment, les responsabilités face à l’émergence d’un burnout engage principalement l’individu concerné mais pas seulement ! L’entreprise, de par ses valeurs et son fonctionnement interne participe à la création d’un terreau plus ou moins propice à ce phénomène. De même chacun des collègues a, au travers de sa manière d’agir, de communiquer, d’accepter ou pas la pression liée à l’atteinte des objectifs, une forme de responsabilité.
Mon but n’est pas ici de chercher des coupables mais de faire apparaître que la gestion d’un burnout et de ses conséquences dans une équipe ne peut être réduite à une problématique individuelle.

Je vous propose donc de prendre le temps de vous positionner individuellement face aux questions suivantes :
  • Suis-je au clair avec mes propres limites ? Qu’est-ce que je n’accepterai jamais de faire ou de subir au sein de mon entreprise ?
  • Qu’est-ce que j’éprouve lorsque je constate qu’un collègue dysfonctionne? 
  • Quelle est ma valeur ajoutée dans mon équipe de travail ? Quelle est celle de mes collègues ?
  • Quelles sont les valeurs véhiculées dans mon entreprise/équipe (et non celles qui sont promues à un niveau marketing) ? Quelle cohérence avec mes propres valeurs ?


Lorsque vous vous positionnez par rapport aux thèmes traités ci-dessus, vous commencez à prendre conscience du pouvoir engendré par la position que vous choisissez de défendre au sein de votre équipe ou de votre entreprise. Vos limites et vos valeurs définissent la place et le rôle que vous choisissez de prendre et celui que vous laissez  à l’autre ainsi que la marge de manœuvre que vous laissez à votre entreprise en termes d’attente et de pression. C’est un bon début qui vous permet de réfléchir en amont d’une situation de burnout au rôle que vous pourriez y jouer si cela survenait au sein de votre équipe.

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