Les conflits de valeurs


Les professionnels de la santé et de la médecine du travail identifient aujourd’hui qu’une grande proportion des burnouts survenant après la quarantaine résultent d’un conflit de valeurs. Il est malheureusement difficile de quantifier précisément cette proportion du fait d’un manque de données statistiques liées au burnout. Ces observations sont malgré tout partagées par tous les intervenants spécialisés dans la gestion du stress. Mais que signifie un conflit de valeurs ?

Nous sommes tous motivés dans notre vie par des valeurs. Celles-ci viennent en partie de notre éducation, de nos expériences et de nos choix de vie. Ces valeurs définissent ce que nous considérons comme « vrai » ou « bien ». Lorsque nos actes sont en accord avec nos valeurs, nous nous sentons bien et confiants.  Par exemple, si une de vos valeurs de base est la communication, vous vous sentirez en accord avec vous-même dans un travail d’équipe où votre avis est le bienvenu et où vous pouvez prendre le temps d’écouter le point de vue de vos collègues.

Nous avons également tous des contre-valeurs. Celles-ci nous poussent à rejeter les situations qui nous y confrontent. Celui qui a l’échec en contre-valeur, cherchera à fuir ce dernier à tout prix, quitte à ne rien entreprendre pour éviter les risques ! Ces contre-valeurs motivent donc également un certains nombres de nos actes.
Or, dans le cadre professionnel, nous sommes confrontés à des valeurs d’entreprise qui sont forcément en partie différentes de nos valeurs propres. C’est là que l’usure survient.  Certains ajustements se font de manière naturelle. Une personne qui cultive une valeur de liberté choisira plus volontiers de s’installer comme indépendant qu’une personne qui a la sécurité pour valeur fondamentale.
Dans d’autres cas, un conflit de valeur peut être plus difficile à repérer. Lors d’une promotion par exemple, l’individu concerné pourrait être enchanté de l’évolution de sa carrière car elle répond à une valeur de réussite très présente chez lui et dans un même temps le mettre dans une situation délicate si son nouveau poste contrevient par un cadre très rigide à son besoin d’autonomie. Dans le cas d’une personne qui aime par-dessus tout le travail bien fait (ce que l’on appelle péjorativement les perfectionnistes), elle aura beaucoup de mal à vivre avec des délais de restitution si courts qu’ils anéantissent toutes possibilités de délivrer un produit de qualité.

D’autre part, comme je vous le citais en titre, l’âge joue un rôle dans notre faculté de s’adapter à des valeurs différentes. Dans la vingtaine, les individus sont au début de leur carrière professionnelle. Ils sont ouverts à l’absorption de valeurs différentes car ils apprivoisent un monde différent de celui qu’ils connaissaient jusqu’alors. Passé la deuxième moitié de leur carrière, les personnes se sont construit leur référentiel de valeurs professionnelles. Ils savent comment ils entendent travailler et selon quels critères d’efficacité. Ils sont donc moins ouverts à changer si le sens du changement leur échappe. L’accélération des rythmes de travail, la volonté de produire toujours plus, plus vite et pour moins cher est souvent perçue par les quarantenaires et cinquantenaires comme une agression de leurs valeurs.

Comme vous pouvez le constater, il n’est pas si facile de trouver une adéquation entre vos valeurs et celles qui sont exigées par votre poste, votre rôle au sein de votre entreprise. Un travail d’identification de vos valeurs et contre-valeurs vous permettra d’identifier les facteurs d’usure liés à votre situation de vie.


Pour entreprendre ce travail d’identification de vos valeurs, je vous recommande le livre suivant : « Je suis comme je suis » d’Isabelle Nazare-Aga, éditions de l’Homme, 2008. Ce livre présente de manière simple des listes de valeurs et de contre-valeurs auxquelles vous pourrez vous identifier… ou pas.

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