Les candidats au burnout: Les cadres et managers


Finalement, j’aborde le sujet plus habituel de l’épuisement des cadres et autres managers stressés. Cette catégorie socio-professionnelle est devenue emblématique du phénomène du burnout.

Première constatation: Lorsque j’évoque le mot burn-out, les gens font rapidement le lien avec un costume trois-pièces. Pourtant rares sont les cadres qui souhaitent témoigner, car le burnout est encore facilement assimilé à une faiblesse. Quel paradoxe! Ils sont identifiés comme représentatifs du risque de burnout alors qu’eux-mêmes eux en font un véritable tabou.

Je vous propose d’observer de plus près le contenu de cette boîte de Pandore. En regardant successivement les facteurs de stress liés à l’exercice managerial, on comprend aisément qu’ils sont soumis à une forte pression.
Pour assumer une fonction de cadre, il faut deux types de compétences: les compétences-métier et les compétences de leadership. Les premières dépendent du secteur de travail. Aujourd’hui dans la plupart des métiers, les technologies évoluent vite et la nécessité de tenir ses connaissances à jour est un enjeu important. Sans devoir être lui-même un expert, un cadre doit comprendre les défis techniques que doit relever son équipe au risque de se voir remplacé. Les compétences de leadership sont davantage pérennes, mais sont parfois sacrifiées aux impératifs de production.

S’il gagne un salaire correct et que son environnement de travail est souvent plus agréable que ses subalternes, le cadre est soumis à des délais difficiles à tenir. Comme le temps c’est de l’argent, l’exigence de productivité ne cesse de croitre. Les heures supplémentaires sont considérées comme allant de soi, car il porte la responsabilité de délivrer le produit du travail de son équipe selon l’échéancier fixé par sa hiérarchie. Dans le cas contraire, ses compétences d’organisation seront remises en question.

La question du sens trouvé dans la réalisation de son travail peut également devenir source de frustration et donc de stress. Comment vivre ses valeurs personnelles dans un environnement qui vous force à transiger sans cesse sur la qualité ou sur le respect de ses collaborateurs? Quel sens donner à son engagement si l’on sent que l’on est toujours sur un siège éjectable en cas d’échec? Rappelons que le facteur déterminant du burnout des plus de 50 ans est le conflit de valeurs dans le travail.

Conjointement à ces facteurs de stress, le cadre a souvent du mal à prendre soin de sa santé. Les sandwiches derrière l’écran, l’activité sportive et les loisirs sacrifiés aux heures supplémentaires. Les possibilités de contrebalancer les effets du stress se réduisent comme une peau de chagrin.

Bien que contre-intuitive, la seule démarche qui permettra à un cadre de remettre en question un fonctionnement malsain (pouvant porter atteinte à sa propre santé et/ou à celle de ses collaborateurs), c’est qu’il  commence par prendre soin de lui. L’argument majeur en faveur de ce changement des priorités par rapport au travail est que sur le long terme, s’il n’envisage pas de prendre soin de lui, la baisse de sa productivité est assurée.


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