Les manifestations sociales du burnout


L’isolement social

Pour faire suite à la description des manifestations physiques et psychiques du burnout que j’ai décrites précédemment, nous allons voir aujourd’hui que l’individu concerné va adopter un comportement social différent de ses habitudes.

Enfermé dans sa bulle de souffrance et de doutes, il va rapidement se sentir incompris par les autres.  N’ayant plus à disposition ses ressources habituelles, il va interpréter les demandes de son entourage professionnel et familial comme des agressions. Comme un cercle vicieux, l’entourage va réagir à l’agressivité de la victime en reflétant une incompréhension vis-à-vis du comportement de la personne concernée.  « Qu’est-ce qui t’arrives ? T’es invivable en ce moment ! On ne peut rien te dire sans que tu t’énerves !  T’as l’air à bout. Réagis ! Regarde-toi ! » Bien que le but de ces commentaires soit d’alerter l’individu sur son état, ils sont perçus comme de véritables attaques par la victime d’épuisement.  « Décidément, tu ne comprends rien à ce que je traverse. J’attends un peu plus de compréhension de ta part. Tu te plains mais tu n’as pas idée de ce que je vis MOI ! »  Ce dialogue de sourds conduit notre victime de burn-out à s’isoler progressivement de son entourage.

Du fait de la perte d’efficacité au travail, la personne atteinte de burn-out va prolonger ses heures de présence et abandonner la plupart de ses activités sociales pour compenser. Comme les commentaires des autres à son sujet sont devenus insupportables, elle va à fuir les occasions de s’y confronter. « Pourquoi rencontrer des amis, puisqu’ils ne me comprennent pas et me bassinent avec leurs théories sur le burnout ? De toute façon ils ne sont pas concernés par le problème. C’est comme ça que ça marche dans la vraie vie, faut faire face et les faibles craquent. C’est Darwin et la sélection naturelle entre les forts et les autres. »

Je caricature à peine les pensées et les peurs qui peuvent envahir certaines victimes du burn-out, souvent ultra-professionnelles et qui pensent être invincibles ! Et pourtant : Tout le monde a ses limites ! Même les meilleurs.


En réduisant son quotidien à la sphère professionnelle, la personne va se couper des rares ressources encore à sa disposition. Il ne lui reste que les soucis. Son incompétence passagère occupe toute sa réalité. La personne s’enfonce toujours plus loin dans son processus d’épuisement.

La souffrance va conduire la personne à adopter des comportements de fuite qui ont pour but de l’atténuer ou de la minimiser. Chercher la satisfaction immédiate dans la consommation de chocolat ou dans des achats compulsifs peut encore aggraver l’incompréhension de l’entourage. Lorsque c’est l’alcool ou les stupéfiants qui servent d’échappatoire, c’est vite la catastrophe ! A ce sujet, je vous invite à relire le billet sur les comportements d’évitement.

Cette description des manifestations sociales, physiques et psychiques du burnout montre le côté sombre de ce processus. Chacun des symptômes présentés est l’expression d’une réalité. C’est la raison pour laquelle ce phénomène pourtant assez simple à expliquer est un véritable problème de santé publique aujourd’hui. Pour autant, ce dernier n’en reste pas moins réversible. Il existe des moyens d’éviter le burnout et de s’en sortir si l’on n’a pas pu l’éviter ! C’est pourquoi dès la semaine prochaine je vous propose une nouvelle thématique : les attitudes aidantes pour agir sur le burnout.

Bonne semaine à vous !

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